mercredi 17 mars 2010

LXXIV.

trouver un livre qu'on adore, un livre préféré, c'est comme trouver un amoureux.
il faut en essayer plusieurs avant d'ouvrir le roman ou le peu importe qui nous renversera et nous fera pleurer en le lisant. il faut lire des tonnes de bons et de moyens livres avant de trouver le bon. parfois, on tombe même sur un excellent livre avec lequel ça ne clique pas. et puis, un jour, on ouvre une page, et, après quelques autres, on le voit bien : c'est lui, c'est le bon. le livre préféré. les pages et l'encre et le bruissement des feuilles sur les doigts dans le métro, dans la chambre et dans tous les endroits publics qui en deviennent privés tellement l'intimité avec le livre est forte. on a envie de quitter tout le monde parce que le livre nous appelle, on le relit des milliers de fois et on y retrouve toujours un détail charmant que l'on avait oublié ou qui nous avait échappé. on hésite à le prêter parce qu'on a peur de ne pas le revoir, mais on le conseille à tout le monde, pas trop quand même parce qu'on a peur que notre relation intime avec le roman devienne la relation intime de quelqu'un d'autre. on est possessifs, l'histoire est à nous.

connaître la vie et le visage des auteurs des livres (ou les peintres, ou les réalisateurs) ne m'intéresse pas. c'est ma manie. je ne veux pas voir leurs photos ou lire leurs biographies. j'aime penser que l'oeuvre pousse toute seule, comme ça, au milieu de nulle part. j'aime croire que l'oeuvre, une fois créée -et le contexte de création ne m'intéresse pas-, existe de façon autonome. peut-être que c'est ce qui explique mon amour pour les oeuvres étrangères ou datées.

bref, voici mes livres préférés :
alice aux pays des merveilles & de l'autre côté du miroir, de lewis carroll
jane eyre, de charlotte brontë
les contes de fées des frères grimm
la jeune fille à la perle, de tracy chevalier

2 commentaires:

  1. Dans le fond, le blog c'est l'évolution *logique* du journal intime, en lien avec notre époque exhibitionniste.

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